Enquête exclusive · Article 3 de 7 · Affaire Spunt & Carin

L'avocat fantôme — Me David Chun

Une démission du Barreau en pleine enquête du syndic. Un avocat dit être en Chine par un avocat du Fonds d'assurance. Un avocat vu au Walmart Kirkland, photographié, par la parajuriste du même cabinet. Deux versions sous serment. Aucune tranchée.

Série en 7 articles  —  Article 3  ·  Déontologie · Déclarations contradictoires sous serment · Plainte syndic 2024-00283254-VCP
Ce que vous allez lire — Série en 7 articles

Un père autiste se voit bloquer l'accès à ses enfants depuis quatre ans. Un avocat adverse qui démissionne du Barreau en pleine enquête du syndic et devient introuvable. Deux versions contradictoires sous serment sur sa localisation. Une dénonciation de fraude criminelle grave portée par Me Anne-France Goldwater. Un Bureau du syndic qui ferme quand même le dossier. Et un père déclaré quérulent — condamné à 25 000 $, des travaux communautaires et menacé d'emprisonnement — pour avoir osé se battre pour ses enfants.

Cette série documente, pièces à l'appui, sept angles distincts d'un même dossier. Chaque article peut être lu seul — mais ensemble, ils forment un portrait institutionnel que les tribunaux n'ont jamais examiné sur le fond.

03  ·  Vous lisez cet article — L'avocat fantôme — Me David Chun
Déontologie professionnelle · Déclarations sous serment · Bureau du syndic · Fonds d'assurance · FARPBQ

Un avocat disparu, deux versions sous serment — et un dossier qui se referme sans que personne ne tranche

Le 5 février 2025, Me David Chun, avocat au cabinet Spunt & Carin à Westmount, démissionne du Barreau du Québec alors qu'une enquête du syndic est en cours à son sujet. Quatre mois plus tard, l'avocat chargé de défendre son ancien cabinet affirme par écrit que Me Chun « réside dorénavant en Chine ». Le DPCP ferme un dossier criminel faute de pouvoir le faire entendre. Puis, en octobre 2025, une parajuriste du même cabinet Spunt & Carin signe une déclaration sous serment : elle l'a vu au Walmart de Kirkland, en banlieue de Montréal. Photographies à l'appui.

Une seule des deux versions peut être vraie. Aucune instance judiciaire ou disciplinaire n'a tranché. Le Bureau du syndic a pourtant fermé son enquête. Dans l'intervalle, une dénonciation supplémentaire — émanant de Me Anne-France Goldwater elle-même — est parvenue au Barreau, qualifiant les actes reprochés de « fraude criminelle grave ». Cette dénonciation non plus n'a pas suffi.

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Confirmation officielle du BarreauCourriel de Geneviève Verrette, agente Info-Barreau, 8 juillet 2025 · Démission confirmée au 5 février 2025
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Déclaration sous sermentJewel Anna Harrison, parajuriste Spunt & Carin · Pièce JH-1 (photographies horodatées et géolocalisées) · Assermentée devant Me Natalie MacMillan, commissaire à l'assermentation, sceau n°223687
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Dossier de plainte au Bureau du syndicDossier 2024-00283254-VCP · Fermé par Me Guylaine Mallette, syndique adjointe du Barreau du Québec
La démission — 5 février 2025

Un avocat quitte le Barreau en pleine enquête du syndic

Me David Chun était avocat au cabinet Spunt & Carin, 345 avenue Victoria, bureau 600, à Westmount — l'un des cabinets les plus établis de la région de Montréal en droit familial. Il représentait l'ex-conjointe de Julien dans le dossier familial de la Cour supérieure du Québec, district de Joliette.

Le 5 février 2025, Me Chun a officiellement démissionné du Barreau du Québec. Cette information a été confirmée par écrit à Julien, quelques mois plus tard, dans un courriel transmis par l'agente Info-Barreau Geneviève Verrette, le 8 juillet 2025 à 11h07 :

Courriel du Barreau du Québec à Julien — 8 juillet 2025 — 11h07

« Nous vous confirmons que M. David Chun a démissionné du Barreau du Québec le 5 février 2025. »

— Geneviève Verrette, agente Info-Barreau, Barreau du Québec

Ce fait est établi. Il n'est contesté par aucune partie. Ce qui l'est, par contre, c'est la séquence dans laquelle cette démission s'inscrit. Le 10 décembre 2024 — moins de deux mois avant la démission — Julien avait déposé au Bureau du syndic une plainte formelle visant notamment Me David Chun. Cette plainte a ouvert un dossier d'enquête disciplinaire sous le numéro 2024-00283254-VCP.

En droit disciplinaire québécois, la collaboration à une enquête du syndic n'est pas une simple courtoisie. C'est une obligation déontologique expressément prévue par le Code de déontologie des avocats et le Code des professions. Un avocat visé par une enquête est tenu de répondre aux demandes du syndic, de fournir les documents requis, et de participer aux entrevues prévues.

Une démission en cours d'enquête ne met pas automatiquement fin au processus disciplinaire — le syndic peut, en théorie, poursuivre l'enquête et déposer une plainte devant le Conseil de discipline même contre un ex-membre. Mais en pratique, une telle démission est un signal que la doctrine disciplinaire québécoise considère lourd, en soi, au regard de l'obligation de coopération.

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Version 1 — 17 juin 2025

« M. Chun réside dorénavant en Chine »

Quatre mois après la démission, la question de la localisation de Me Chun devient judiciairement centrale. Julien a entrepris une poursuite civile contre le cabinet Spunt & Carin. La défense du cabinet est assumée par un avocat externe — Me Jean-François Noiseux, du cabinet CDNP avocats — mandaté et rémunéré par le Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec (FARPBQ). Le 17 juin 2025, dans un courriel transmis à Julien dans le cadre des discussions sur le protocole de l'instance, Me Noiseux écrit :

Courriel de Me Jean-François Noiseux, CDNP avocats — 17 juin 2025

« Format de l'interrogatoire : M. Chun réside dorénavant en Chine. Je n'ai pas fait de vérifications récentes mais le principe est que le demandeur doit avancer les frais associés au témoignage d'une partie habitant à l'étranger. Cela coûtera plusieurs milliers de dollars faire venir M. Chun à Montréal. »

— Me Jean-François Noiseux, LL.M., associé, CDNP avocats, dossier 803-603

Cette affirmation — la résidence de Me Chun en Chine — n'est pas un détail procédural. Elle a des conséquences concrètes et documentées sur au moins un autre dossier : le volet criminel du dossier d'enquête RPY-250224-012 du Service de police de la Ville de Repentigny.

Le 23 juillet 2025, la procureure aux poursuites criminelles et pénales Me Flavie Picard, du bureau de Joliette du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), écrit à Julien :

Courriel de Me Flavie Picard, DPCP Joliette — 23 juillet 2025 — 19h09

« Considérant les informations données et la situation de Monsieur Chun, le Ministère public va déclarer, le 1er août 2025, ne pas avoir de preuve suffisante à offrir dans cette affaire. Il n'y aura donc pas de procès à cette date. »

— Me Flavie Picard, procureure aux poursuites criminelles et pénales, DPCP bureau de Joliette

L'abandon des procédures criminelles est ainsi directement lié à la « situation » de Me Chun — c'est-à-dire, selon la version portée au dossier par Me Noiseux, sa résidence en Chine qui rendrait son témoignage impraticable.

Le 1er août 2025, Me Yan Vachon, également du DPCP, confirme à Julien que le dossier RPY-250224-012 est transféré au bureau de Montréal du DPCP, au motif que plusieurs personnes visées seraient des « acteurs judiciaires du district de Joliette » — un transfert qui, en soi, soulève la question de l'impartialité des procureurs locaux dans ce dossier.

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Version 2 — 11 octobre 2025

Au Walmart de Kirkland, 14h25, iPhone 16 Pro Max

Trois mois après la lettre du DPCP confirmant l'abandon des procédures, et moins de quatre mois après l'affirmation que Me Chun résidait « dorénavant en Chine », une déclaration sous serment vient contredire frontalement cette version. Elle provient d'une employée du cabinet Spunt & Carin lui-même.

Le 14 octobre 2025, Jewel Anna Harrison, parajuriste exerçant au sein du cabinet Spunt & Carin, signe une déclaration sous serment devant Me Natalie MacMillan, commissaire à l'assermentation pour le Québec, portant le sceau n° 223687. La déclaration est versée au dossier de la Cour supérieure du Québec sous les numéros 705-04-023359-223 et 705-17-011889-258. Elle se lit, en partie :

Déclaration sous serment de Jewel Anna Harrison — 14 octobre 2025 — Cour supérieure du Québec

« Je soumets respectueusement cette déclaration pour affirmer que je connais personnellement Monsieur David Chun, ayant travaillé avec lui au cabinet Spunt & Carin du 17 juin 2024 au 8 janvier 2025 ; »

« Je soumets respectueusement que Monsieur Chun réside actuellement au Québec et non en Chine, contrairement à ce que prétend le demandeur ; »

« En effet, je soumets respectueusement que j'ai croisé Monsieur Chun au Walmart à Kirkland, qu'il m'a abordée et que nous avons eu une brève discussion le samedi 11 octobre 2025 ; »

— Jewel Anna Harrison, parajuriste, cabinet Spunt & Carin, 345 avenue Victoria, bureau 600, Westmount

La déclaration est accompagnée d'une pièce jointe — la pièce JH-1 — soit une liasse de photographies prises par Mme Harrison lors de cette rencontre. Les photographies portent les métadonnées techniques suivantes : prises le samedi 11 octobre 2025 à 14h25, avec un appareil Apple iPhone 16 Pro Max, géolocalisées dans le secteur du Walmart de Kirkland, à proximité immédiate d'un établissement Canadian Tire.

Autrement dit : le même cabinet qui, par son avocat mandaté par le Fonds d'assurance du Barreau, soutenait en juin 2025 que Me Chun résidait en Chine, produit en octobre 2025 — par l'entremise d'une de ses propres employées — une déclaration sous serment affirmant l'avoir physiquement rencontré au Québec, photographies horodatées à l'appui.

Ce que les deux positions ne peuvent pas être simultanément

Ou Me David Chun résidait en Chine en juin 2025 et y était toujours en octobre 2025 — auquel cas la déclaration sous serment de Jewel Anna Harrison devant une commissaire à l'assermentation du Québec est fausse.

Ou Me David Chun a été physiquement rencontré au Walmart de Kirkland le 11 octobre 2025 — auquel cas la représentation faite par Me Noiseux le 17 juin 2025 au sujet de sa résidence en Chine ne correspondait pas à la réalité connue du cabinet qui l'emploie.

Les deux positions ne peuvent pas être simultanément exactes. Au moment de la publication du présent article, aucune instance judiciaire ni disciplinaire n'a tranché cette contradiction.

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La dénonciation Goldwater — décembre 2025

« Fraude criminelle grave », « cover-up », « le Barreau n'a pas fait sa job »

Le 6 décembre 2025 à 17h39, un courriel parvient à Julien. L'expéditeur, apparaissant sous le nom « Daniel Goldwater » et utilisant une adresse Gmail emckillen@gmail.com, écrit en français :

Courriel à Julien — 6 décembre 2025 — 17h39

« Je vous écris à partir d'une adresse courriel anonyme parce que je souhaite en savoir plus sur ce dossier. Pour contexte, je suis avocat et je connais le dossier concernant David Chun. »

« Je suis au courant que David Chun s'est livré à des actes constituant une fraude criminelle grave et, à mon avis en tant qu'avocat et membre du Barreau du Québec, le Barreau n'a pas traité cette affaire avec sérieux. L'affaire a été étouffée, le cabinet où Chun travaillait (Spunt Carin) a fait un cover-up et, à mon humble avis, le Barreau n'a pas sa job. »

— Courriel reçu par Julien, signé « Daniel Goldwater »

Les propos contenus dans ce courriel sont des allégations. Ils n'ont pas fait l'objet de conclusions judiciaires ou disciplinaires. Me David Chun et le cabinet Spunt & Carin bénéficient de la présomption d'innocence. Ce qui mérite d'être noté, par contre, c'est qui tient ces propos — et comment sa propre identité professionnelle a pu être confirmée.

Daniel Goldwater est un avocat inscrit au Barreau du Québec, de l'étude Goldwater Droit, dont les bureaux sont situés au 3500 ouest boul. de Maisonneuve, suite 2310, à Westmount. Il est le fils de Me Anne-France Goldwater — l'une des avocates les plus médiatisées au Québec en droit familial.

Confronté à la traçabilité numérique du courriel anonyme (les métadonnées du courriel et un compte Google lié à son numéro de téléphone professionnel ayant permis d'en identifier l'origine), Me Daniel Goldwater a répondu publiquement à Julien le 16 février 2026, en anglais, par une correspondance qui apporte un éclairage inattendu sur l'origine véritable de la dénonciation :

Courriel de Me Daniel Goldwater à Julien — 16 février 2026

« It was in fact my mother, Me Anne-France Goldwater, who independently learned of these allegations through a third party and subsequently informed me. She also promptly reported what she knew to the Barreau du Québec. She is better positioned to address any questions you may have. »

« I have also never exchanged a word with any lawyers from Spunt & Carin about this matter. »

— Me Daniel Goldwater, avocat, Goldwater Droit, Westmount

Autrement dit : ce n'est pas seulement un avocat qui dénonce la gestion de cette affaire par le Barreau. C'est Me Anne-France Goldwater elle-même qui, ayant appris les faits par un tiers, a choisi d'en saisir formellement le Barreau du Québec. Son fils confirme par écrit cette démarche plusieurs mois plus tard.

Avant cela, le 26 décembre 2025, Me Daniel Goldwater avait déjà refusé à Julien, par courriel, de représenter ce dernier dans le dossier :

Courriel de Me Daniel Goldwater à Julien — 26 décembre 2025 — 13h41

« Faisant suite à vos courriels, nous regrettons de vous informer que nous ne sommes pas en mesure de vous représenter ni de vous offrir nos services en raison d'un conflit d'intérêts. »

— Me Daniel Goldwater, Goldwater Droit

Le motif du conflit d'intérêts invoqué est compatible avec le fait — documenté publiquement par ailleurs — que le cabinet Goldwater Droit a, au fil des années récentes, accueilli plusieurs avocats seniors en provenance du cabinet Spunt & Carin, certains de ces avocats ayant eu connaissance du dossier de Julien de l'intérieur avant leur changement d'emploi.

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La fermeture du dossier syndic

Le Bureau du syndic ferme — malgré la dénonciation Goldwater

Le Bureau du syndic du Barreau du Québec a ouvert, à la suite de la plainte formelle de Julien du 10 décembre 2024, le dossier d'enquête 2024-00283254-VCP visant Me David Chun. Après la démission de Me Chun survenue le 5 février 2025, l'enquête s'est néanmoins poursuivie sur les faits antérieurs à cette démission.

La décision finale, signée par Me Guylaine Mallette, syndique adjointe du Barreau du Québec, a été transmise à Julien. Elle se lit :

Décision du Bureau du syndic — dossier 2024-00283254-VCP — signée Me Guylaine Mallette, syndique adjointe

« Nous ne pouvons conclure que Monsieur David Chun, alors qu'il était avocat, a contrevenu au Code de déontologie des avocats. »

— Me Guylaine Mallette, syndique adjointe, Bureau du syndic, Barreau du Québec

Le dossier est fermé. Aucune plainte disciplinaire n'est déposée devant le Conseil de discipline du Barreau. Aucune conclusion publique n'est rendue sur le fond des allégations formulées dans la plainte initiale du 10 décembre 2024 — ni sur la contradiction sous serment entre les deux positions sur la localisation de Me Chun, ni sur la démission en cours d'enquête, ni sur les éléments transmis par Me Anne-France Goldwater.

Julien a ensuite formulé une demande de réouverture de l'enquête, sur la base notamment de la dénonciation Goldwater. La syndique adjointe a répondu que, le dossier ayant déjà fait l'objet d'une décision confirmée par le Comité de révision du Barreau, la fermeture était définitive et aucune nouvelle demande d'enquête ne serait autorisée.

Cette réponse du Bureau du syndic, mise en contexte avec l'ensemble des éléments documentés ci-dessus, constitue l'un des objets centraux de l'article 4 de la présente série, consacré aux réponses — ou aux silences — des institutions disciplinaires et financières impliquées dans ce dossier.

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Chronologie — Le dossier Me David Chun

Douze mois : d'une plainte au syndic à une fermeture sans conclusion sur le fond

10 déc.2024
Plainte formelle de Julien au Bureau du syndic visant notamment Me David Chun. Ouverture du dossier d'enquête 2024-00283254-VCP.
5 fév.2025
Me David Chun démissionne du Barreau du Québec en pleine enquête du syndic. Démission en cours d'enquête
17 juin2025
Version 1 — Me Jean-François Noiseux (CDNP, mandaté par le FARPBQ) écrit que « M. Chun réside dorénavant en Chine ». Cet argument sera invoqué pour justifier l'impraticabilité d'un témoignage en personne. Position : Chine
8 juil.2025
Le Barreau confirme par écrit à Julien que Me Chun a bien démissionné le 5 février 2025. Courriel signé Geneviève Verrette, agente Info-Barreau.
23 juil.2025
Me Flavie Picard, DPCP Joliette, informe Julien que le Ministère public ne disposera pas de preuve suffisante « considérant les informations données et la situation de Monsieur Chun ». Dossier RPY-250224-012. Procès criminel annulé
1er août2025
Me Yan Vachon confirme le transfert du dossier RPY-250224-012 au DPCP Montréal, au motif que des « acteurs judiciaires du district de Joliette » sont concernés.
11 oct.2025
Version 2 — Jewel Anna Harrison, parajuriste Spunt & Carin, affirme avoir croisé Me David Chun au Walmart de Kirkland à 14h25. Photographies horodatées, géolocalisées, iPhone 16 Pro Max. Position : Québec
14 oct.2025
Signature de la déclaration sous serment de Jewel Anna Harrison devant Me Natalie MacMillan, commissaire à l'assermentation pour le Québec (sceau n°223687). Déclaration versée au dossier de la Cour supérieure, pièce JH-1 en liasse.
6 déc.2025
Courriel anonyme à Julien — retracé ensuite à Me Daniel Goldwater. « Fraude criminelle grave », « cover-up », « le Barreau n'a pas sa job ». Dénonciation par un membre du Barreau
26 déc.2025
Refus de représentation par Me Daniel Goldwater — motif invoqué : conflit d'intérêts.
16 fév.2026
Me Daniel Goldwater confirme par écrit que c'est sa mère, Me Anne-France Goldwater, qui a appris les allégations par un tiers et qui les a rapportées au Barreau du Québec. Dénonciation Anne-France Goldwater
Fermeture du dossier syndic 2024-00283254-VCP par Me Guylaine Mallette : « Nous ne pouvons conclure que Monsieur David Chun, alors qu'il était avocat, a contrevenu au Code de déontologie des avocats. » Décision confirmée par le Comité de révision. Aucune nouvelle demande d'enquête n'est autorisée. Dossier fermé
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Ce que ce dossier soulève

Un avocat, deux positions sous serment, et aucune instance qui tranche

Prise isolément, la démission d'un avocat en cours d'enquête du syndic est déjà un signal déontologique. Prise isolément, une contradiction sous serment entre deux positions incompatibles sur la localisation d'un témoin cléserait, dans la plupart des dossiers civils, un motif sérieux d'intervention judiciaire. Prise isolément, une dénonciation portée au Barreau par une avocate du calibre de Me Anne-France Goldwater, qualifiant les faits de « fraude criminelle grave », déclencherait normalement une attention institutionnelle soutenue.

Dans le dossier de Me David Chun, les trois éléments coexistent. Aucun d'eux n'a suffi pour que le Bureau du syndic maintienne ou rouvre son enquête disciplinaire sur le fond. Aucune instance judiciaire ne s'est encore penchée sur la contradiction entre la position « M. Chun réside dorénavant en Chine » et la déclaration sous serment situant Me Chun au Walmart de Kirkland le 11 octobre 2025.

Et pendant ce temps, le cabinet Spunt & Carin continue de représenter la cliente au dossier familial — aujourd'hui par Me Cynthia Ward, qui a succédé à Me Chun après la démission de ce dernier et qui plaide encore activement dans les instances en cours. Les effets concrets du dossier bâti par Me Chun de 2022 à 2024 — c'est-à-dire tout ce qui a contribué à séparer Julien de ses jumeaux — continuent de produire leurs conséquences, quatre ans après le début des procédures.

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Me Cynthia Ward — les trois rôles superposés

L'ascension rapide, la double casquette, et la mise en demeure personnelle

Pour comprendre la position que Me Cynthia Ward occupe aujourd'hui dans le dossier, il faut d'abord rappeler le contexte. Dans les mois qui ont précédé et suivi la démission de Me David Chun en février 2025, plusieurs avocats seniors du cabinet Spunt & Carin — dont Me Eric Kirshner et Me Ian Solloway, chacun cumulant des décennies d'expérience en droit familial — ont quitté le cabinet. Plusieurs se sont retrouvés peu après chez Goldwater Droit, où ils avaient d'ailleurs exercé une partie de leur carrière antérieure. Ce chassé-croisé a été documenté publiquement par Justice-Quebec.ca dans un article consacré à la recomposition des équipes entre les deux cabinets de Westmount.

Dans la foulée de ces départs, Me Ward a été très rapidement promue au rang de senior, puis, peu de temps après, associée-partenaire du cabinet. Elle a repris le dossier familial laissé par Me Chun, et c'est elle qui plaide aujourd'hui pour la cliente au dossier familial. C'est le premier rôle.

Parallèlement, Julien a intenté une poursuite civile contre le cabinet Spunt & Carin en lien avec ce même dossier. À titre d'associée-partenaire, Me Ward est désormais partie aux allégations formulées contre son cabinet. C'est le deuxième rôle.

Enfin, le 12 octobre 2025, Me Ward a personnellement transmis à Julien une mise en demeure dans laquelle elle le menace — à titre individuel, en son nom propre — d'une poursuite personnelle pour les propos qu'il a tenus publiquement au sujet du dossier. C'est le troisième rôle.

Trois rôles, un seul dossier

Rôle 1 — Avocate de la cliente (ex-conjointe de Julien) dans le dossier familial à la Cour supérieure.

Rôle 2 — Associée-partenaire du cabinet Spunt & Carin, elle-même partie aux allégations formulées contre ce cabinet.

Rôle 3 — Signataire d'une mise en demeure personnelle du 12 octobre 2025 menaçant Julien d'une poursuite à titre individuel.

Ce que dit le Code de déontologie des avocats

Articles 71 et 72 — l'apparence de conflit d'intérêts

Le Code de déontologie des avocats du Québec (RLRQ, c. B-1, r. 3.1) encadre précisément ce type de situation.

Code de déontologie des avocats — articles 71 et 72

« 71. L'avocat évite toute situation de conflit d'intérêts. »

« 72. Il y a conflit d'intérêts lorsqu'il existe un risque sérieux que l'intérêt personnel de l'avocat ou ses devoirs envers un autre client, un ancien client ou un tiers nuisent à ses devoirs envers le client […] »

« Lorsqu'il exerce ses activités professionnelles au sein d'un cabinet, les situations de conflit d'intérêts s'évaluent à l'égard de tous les clients de ce cabinet. »

— RLRQ, c. B-1, r. 3.1, Code de déontologie des avocats

Deux éléments de ces dispositions s'appliquent directement à la configuration de Me Ward. D'abord, le Code ne requiert pas la preuve d'un préjudice effectif : il suffit qu'existe un risque sérieux que les intérêts personnels de l'avocate ou ses devoirs envers un tiers puissent nuire à ses devoirs envers la cliente. Ensuite, le deuxième alinéa de l'article 72 précise que, dans un cabinet, le conflit s'évalue à l'égard de tous les clients de ce cabinet — l'appartenance à un cabinet n'est donc pas un bouclier, mais un critère qui étend la portée de l'analyse.

Sur cette base, la question posée par la situation de Me Ward n'est pas théorique : comment une avocate peut-elle, dans un seul et même dossier, plaider pour une cliente, défendre son propre cabinet face à des allégations en responsabilité professionnelle, et menacer personnellement de poursuites la partie adverse — sans que sa loyauté envers la cliente n'en soit, à tout le moins en apparence, affectée ?

En droit disciplinaire québécois, l'apparence de conflit d'intérêts est une catégorie juridique reconnue. Il n'est pas nécessaire de démontrer qu'une avocate a effectivement manqué à ses devoirs — il suffit qu'un observateur raisonnable puisse sérieusement se demander si elle pouvait continuer à les remplir pleinement compte tenu de la position occupée.

Julien a soulevé cette question auprès du Bureau du syndic. La syndique adjointe qui a examiné la plainte est la même que dans les dossiers précédents : Me Guylaine Mallette. C'est elle qui a blanchi Me David Chun. C'est elle qui a blanchi les trois avocats successifs de Julien. C'est elle qui, dans le cas de Me Cynthia Ward — dans le même dossier, dans les mêmes circonstances — a également conclu qu'il n'y avait pas lieu d'intervenir. Cinq avocats, cinq examens du syndic, cinq fermetures sans plainte déposée devant le Conseil de discipline.

Présomption d'innocence

Me Cynthia Ward, comme toutes les autres personnes mentionnées dans le présent article, bénéficie de la présomption d'innocence. Une apparence de conflit d'intérêts au sens du Code de déontologie n'équivaut pas à une conclusion de faute disciplinaire. Le présent article documente la configuration factuelle du rôle multiple de Me Ward dans le dossier, les dispositions réglementaires québécoises applicables, et l'issue — à ce jour — des démarches du demandeur auprès du Bureau du syndic.

Présomption d'innocence

Me David Chun, le cabinet Spunt & Carin, Me Cynthia Ward, Me Jean-François Noiseux, Jewel Anna Harrison, Me Anne-France Goldwater, Me Daniel Goldwater, Me Guylaine Mallette et toutes les autres personnes mentionnées dans cet article bénéficient de la présomption d'innocence. Aucune allégation rapportée ci-dessus n'a fait l'objet de conclusions judiciaires définitives.

Le présent article documente la séquence factuelle du dossier d'enquête 2024-00283254-VCP, les correspondances officielles versées à ce dossier, et les décisions institutionnelles qui en ont résulté.

Enquête exclusive — Affaire Spunt & Carin — Justice-Quebec.ca

Une démission en pleine enquête du syndic. Deux versions sous serment — l'une à Westmount, l'autre en Chine. Une dénonciation portée par Me Anne-France Goldwater elle-même. Un dossier fermé sans conclusion sur le fond.

Et un avocat qui, selon l'institution à qui l'on pose la question, est introuvable ou au centre-commercial.