DPJ OUTAOUAIS — CE QUI SE PASSE DERRIÈRE LES MURS
Un jugement cinglant. Des promesses institutionnelles. Un enfant mort dont la mère apprend la nouvelle sur Facebook. Et six personnes visées par des accusations criminelles.
PIÈCES AU DOSSIER →Le récit fondateur
En mars 2016, un garçon de 12 ans est confié au Centre de réadaptation Héritage à Gatineau. Trois jours plus tard, il est agressé sexuellement. La DPJ le sait — et se tait pendant quatre ans. Des rapports disparaissent. Une intervenante est bâillonnée. Un père documente seul ce que le système refuse de voir. En 2021, le juge Jean-François Noël rend un jugement cinglant : cinq lésions de droits, un blâme formel, une institution mise en cause. Ce jugement est public. Il n'a pas été porté en appel. Et les personnes blâmées sont toujours en poste.
LIRE L'ARTICLE 1 →Ce qui n'a pas changé
Colette Nadeau est toujours directrice de la DPJ de l'Outaouais en 2026 — quatre ans après le jugement qui blâmait formellement sa direction. Sous sa gouverne : quatre enquêtes pour inconduites d'employés depuis 2019, des adolescents hébergés dans une ancienne aile psychiatrique à 110 % de capacité, et seulement neuf des soixante-cinq recommandations de la Commission Laurent réellement appliquées. Au Québec, au moins 69 enfants sont morts sous la garde des services sociaux en cinq ans — sans que personne ne compile systématiquement ces données. Le pattern documenté dans le jugement Noël ne s'est pas dissous. Il a continué.
LIRE L'ARTICLE 2 →Les questions sans réponse
Quatre ans après le jugement Noël, la CDPDJ confirme que les données du dossier ont été supprimées — et qu'elle n'a aucun commentaire sur le maintien en poste des personnes blâmées. Elle confirme par ailleurs avoir été saisie du décès d'un jeune hébergé dans les centres jeunesse de l'Outaouais, survenu en Ontario en octobre 2025 — un décès parmi les 69 enfants morts sous garde DPJ au Québec en cinq ans. Et un pattern que Justice-Quebec.ca documente dans plusieurs dossiers : ceux qui dénoncent sont réduits au silence. Ceux qui sont dénoncés restent en poste.
LIRE L'ARTICLE 3 →